Menu 1

Delfini Antonio

Auteur/e

Delfini Antonio

Discipline

Sociologie

Titre

La ville conflictuelle : luttes pour le logement et transformations des quartiers populaires : le faubourg de Fives à Lille (1969-2016)

Université

Lille 1

Date de soutenance

04/12/2017

Directeur/trice de thèse

Abdelhafid Hammouche

Résumé

Les "luttes urbaines" semblent aujourd’hui reléguées à une histoire ancienne, celle d'un âge d'or des luttes des années 1970. Ces mobilisations n'ont pourtant pas totalement disparu et connaissent même un certain regain, à la faveur des dernières vagues de rénovation urbaine. Ces luttes, qui mêlent habitants et usagers des quartiers populaires, participent encore à la transformation des espaces urbains dans lesquels elles prennent place. Cette thèse interroge les relations de structuration réciproques entre les transformations des quartiers populaires et les mouvements de contestations des politiques de rénovation urbaine et du logement. À la croisée de la sociologie urbaine et de la sociologie des mouvements sociaux, ce travail propose une relecture critique des travaux de l'école française de sociologie urbaine marxiste. Ce faisant, la thèse s'appuie sur l'étude de quatre mobilisations qui ont émergé entre 1969 et 2016 dans un faubourg ouvrier de l'Est de la ville de Lille, le quartier de Fives. Une première enquête historique analyse trois mobilisations qui s'inscrivent dans une lutte contre la rénovation urbaine ayant eu cours dans les années 1970-1980. La deuxième, contemporaine, étudie une association née au début des années 2010 qui mêle lutte contre la rénovation urbaine et syndicalisme du logement. Ce travail se situe dans une démarche proche de la recherche-action puisque l'auteur est membre et actuel salarié de l'association étudiée.

Mots clés

Lutte urbaine, embourgeoisement, discrimination, pauvreté, classe sociale, lutte de classe

Principales conclusions

La structure générale de la thèse s'organise en deux parties. La première analyse, sur un temps long, la configuration des rapports sociaux de classes qui ont donné naissance aux mouvements étudiés. On constate ici l'émergence de trois groupes qui apparaissent comme centraux dans l'apparition de ces mouvements : les collectivités locales, qui mettent en place des politiques urbaines accompagnant les transformations du tissu économique local ; les fractions les plus paupérisées des classes populaires massivement concernées par les projets urbains ; et enfin, certaines fractions de la classe d'encadrement qui adoptent un spectre contrasté de positionnements dans les conflits en cours. La seconde partie de la thèse explicite en retour les conséquences des luttes sur les transformations du quartier. Un premier chapitre met en évidence le rôle des usages politiques du passé dans les cycles de mobilisation identifiés. Enfin, le dernier chapitre revient sur les transformations sociales et physiques du quartier. Il permet, par-là, de jeter un regard particulier sur l'analyse de la gentrification et de se positionner dans les débats sur le sujet en mettant en avant la nécessité d’une analyse socio-historique large et d’une perspective dialectique dans l’étude de ce rapport social d’appropriation de l’espace.

Articles/WP liés à la thèse

Ouvrages :

  • (au sein du Collectif Degeyter) Sociologie de Lille, Collection Repères, La découverte, 2017.
  • (avec Rafaël Snoriguzzi) Contre Euralille. Une critique de l’utopie métropolitaine, Editions Les Etaques, 2019.