Menu 1

Plaidoyer pour des maisons modestes distanciées dans les campagnes

Imprimer

Cet article défend l’idée, à contre-courant, que la construction de maisons individuelles modestes distanciées dans les campagnes, associée à des prix de terrain abaissés, pourrait contribuer à répondre aux besoins de logement, limiter la densification et l’étalement des villes, et créer des emplois. Il suggère un changement de schéma d’aménagement et une esquisse de plan d’action pour les pouvoirs publics.

________________________________________________________________________

Introduction

De 1950 à 2018, la population française a augmenté de 41 à 66 millions d’habitants, soit près de 25 millions [1-2], s’accompagnant d’une forte croissance des villes partiellement liée aussi à la diminution de la population active agricole de près de 5 millions entre 1955 et 2016 [2-3]. Comme montré en Figure 1, basée sur des données de 2010 à l’échelle communale [4], la distribution de la population sur le territoire est très inégale: sur les 90 % du territoire les moins densément peuplés, la densité moyenne est de 41 habitants par km2, la densité communale la plus élevée étant de 177 habitants par km2, et sur le 0,5 % du territoire le plus densément peuplé se concentrent près de 25 % des habitants. Ainsi sur les 90 % du territoire les moins denses, la population est de 20 millions d’habitants, un nombre presque aussi bas que celui de la population de la France dans les années 1600 à 1700 quand les villes comptaient au plus 10 % de la population [3], avant son augmentation ultérieure.


La croissance des villes est généralement considérée [5-6-7] à travers leur densification et leur étalement (ce dernier étant plutôt une expansion car la quantité n’est pas constante). Leur densité est plus élevée au centre et plus basse en périphérie. L’étalement augmente avec les facilités de déplacements et la rareté des logements et des emplois au centre. En fonction de spécificités qui se développent en périphérie, comme des zones industrielles ou commerciales, des technopoles et des axes routiers, des aires urbaines et des pôles se constituent. Les flux humains augmentent tandis que le pourcentage d’actifs résidant au centre et y travaillant diminue [6] et une dissociation croissante est observée entre les lieux d’emplois, souvent différents à l’intérieur d’un ménage, de résidence, d’activités diverses, et d’achats [6]. La distance moyenne résidence-emploi a peu augmenté, de 13 à 15 km, entre 1982 et 1999 ; elle est la plus longue – lorsque résidence et emploi sont situés dans des communes différentes – quand la résidence est au centre[6]. Différents types d’unités urbaines ont été distingués [8-9] : les « grands pôles » couvrent 8 % du territoire avec 59 % de la population et une densité moyenne de 842 habitants par km2, et « l’espace périurbain » en couvre 38 % avec 28 % de la population et une densité moyenne de 71 habitants par km2. Ensemble, ils couvrent donc 46 % du territoire, et donc une grande partie de l’espace périurbain est immergée dans les surfaces agricoles ou forestières, qui occupent 80 % du territoire [10-11], et se trouve localisée dans les  campagnes.
Avec ces évolutions, deux grands types d’habitats se sont développés, l’habitat dit collectif et la maison dite individuelle. Le premier, qui permet une plus grande densité de logements, est réputé être plus économe en surface de terrain et temps de déplacement – quand il est à proximité des lieux d’emploi – et moins émetteur de gaz à effet de serre. La maison individuelle, généralement située en périphérie urbaine où se trouvent des terrains constructibles, souvent en lotissements, est réputée contribuer à l’étalement urbain, estimé préjudiciable à l’environnement. En dépit de l’augmentation annuelle de 1,1 % du nombre de logements depuis 35 ans [12], les difficultés de logement sont encore très importantes [13] et la construction de logements ayant un prix accessible à beaucoup est encore nécessaire. Pour limiter l’étalement urbain, la densification est encouragée, ou bien horizontalement en subdivisant des terrains déjà construits, ou bien verticalement en surélevant les bâtiments existants ou en construisant des bâtiments collectifs, avec des possibilités d’espaces verts et toitures végétalisées [14]. Cependant, ces solutions ne paraissent pas totalement satisfaisantes. De nouveaux logements dans les centres urbains seraient loin des emplois et autres activités en périphérie. Le nombre potentiel de bâtiments collectifs y étant limité par le foncier disponible, leur coût devrait être très élevé, et donc hors de portée pour des ménages modestes. Dans les centres ou en périphérie, la densification verticale par surélévation semble limitée. En périphérie, la densification horizontale après subdivisions devrait augmenter le taux d’imperméabilisation des sols, tandis que des bâtiments collectifs ne seraient pas toujours à proximité des lieux d’emplois.
Compte tenu de ce contexte, nous développons ci-dessous l’idée que des maisons modestes avec jardin disséminées dans les campagnes pourraient être une alternative.

Plus de maisons modestes avec jardin serait souhaitable

La maison individuelle avec jardin est en effet, depuis longtemps, un mode de vie préféré par beaucoup [15]. Elle permet des activités en extérieur en restant dans la sphère privée, ce qui est particulièrement désirable pour les enfants. Cependant, près de 44 % des logements sont des habitats collectifs [12] et près de 35 % des enfants vivent en appartement [16]. Si certains sont plus ou moins choisis pour vivre au cœur des villes, beaucoup d’autres sont habités pour des raisons de transport et de coût. L’épidémie de Covid-19 a mis nettement en lumière les bienfaits psychologiques et sociaux, notamment sanitaires, de la maison individuelle avec jardin, en particulier pour ce qui concerne les enfants. Cette épidémie a aussi révélé des possibilités et nécessités de travail et télétravail partiels à domicile. Ils exigent toutefois des logements adéquats à ces modes de vie et de travail, et spécialement aussi pour les ménages avec enfants. Il semble qu’on peut prévoir une augmentation durable des souhaits et demandes en maisons avec jardin.

Cependant, la Convention Citoyenne pour le Climat a fortement recommandé, à la quasi unanimité, de façon surprenante puisqu’elle est censée être en principe représentative de la population, de « mettre un terme au modèle de la maison individuelle » [17], à cause de ses impacts écologiques négatifs estimés, notamment sur le « mitage » du paysage, la biodiversité, l’évolution des surfaces agricoles et forestières et sur les émissions de gaz à effet de serre liées au transport et aux déperditions thermiques.
Concernant ce dernier impact, qui est très lié au type de bâtiment, il est certain que le coût énergétique dû aux déperditions thermiques des maisons construites dans les décennies précédentes est beaucoup plus important que dans le cas de l’habitat collectif à cause du plus grand rapport de leur surface périphérique à leur volume : par exemple, ce rapport est 0,6 pour un cube ayant un côté égal à 10, tandis qu’il est égal à 0,3 si son côté est égal à 20. Sur la base des données [18] de 2016, l’émission annuelle de gaz à effet de serre dus aux logements résidentiels en France est équivalente à 47 millions de tonnes de gaz carbonique, dont 59 % dus au chauffage. Cependant, les maisons récentes ont des déperditions de chaleur beaucoup moins élevées en raison des basses conductances thermiques des matériaux actuellement utilisés. Ils sont bien sûr utilisés aussi dans l’habitat collectif, mais la différence en valeur absolue est réduite. De plus, la maison individuelle a de moindres besoins de climatisation en périodes de fortes chaleurs : elle se prête à des dispositifs simples pour bénéficier des refroidissements nocturnes et l’habitat en campagne est soumis à des températures moins élevées que dans les villes [19]. Il faut aussi tenir compte du fait que la construction de la maison individuelle utilise moins de béton au mètre carré habitable que l’habitat collectif en hauteur qui exige plus de fondations et résistance, alors que la fabrication du ciment produit beaucoup de gaz carbonique par décarbonatation directe [20] et consomme beaucoup d’énergie pour le broyage et le chauffage [20]. Sur la base de la consommation de ciment pour les logements résidentiels neufs construits en 2012, qui a été de 5,2 millions de tonnes [21], la production totale annuelle de gaz à effet de serre due à la fabrication du ciment a été d’environ 3,5 millions de tonnes de gaz carbonique, soit seulement un peu moins que celle des transports aériens intérieurs en 2018 [22] qui était de 4,8 millions de tonnes. Globalement, l’émission de gaz à effet de serre due à la construction d’un m2 de surface habitable d’une maison individuelle est inférieure d’environ 20 % à celle émise dans le cas de l’habitat collectif [23]. Cette composante peut toutefois être assez petite comparée aux déperditions thermiques qui, elles, persistent au cours de leur durée de vie. Il y a aussi le fait que la déconstruction d’une maison est moins problématique que celle de l’habitat collectif. Enfin, la maison individuelle se prête  à la construction en bois dont la production capte le gaz carbonique. D’autres composantes du bilan des gaz à effet de serre liées à l’habitat en relation avec les transports et les surfaces agricoles et forestières, seront examinées plus loin.
Aussi, plus de maisons modestes avec jardin serait souhaitable si, dans une configuration adaptée, les précédents impacts négatifs soulevés par la précédente Convention étaient réduits.

Les prix des terrains sont un frein à la construction de maisons modestes

Le coût de la construction proprement dite d’une maison modeste de 100 m² est de l’ordre de 100 000 €, soit environ 500 € par mois pendant 20 ans. Cependant, la construction nécessite, dans de nombreux cas, 50 000 à 150 000 € de terrain, et en moyenne 81 000 € [24], soit souvent autant que le coût de la construction elle-même. Le coût total ne semble pas être supérieur au coût de l’habitat collectif sachant que dans son rapport [25] du 80eme congrès HLM, l’Union sociale pour l’habitat a indiqué que le coût moyen du mètre carré de surface utile (SU) construit dans les années récentes, pour 83 % en habitat collectif, a été, hors l’Ile de France, de 1600 € HT / m², en excluant les coûts du foncier et des prestations intellectuelles. Ces coûts plus élevés résultent certainement pour partie du fait que l’habitat collectif implique un nombre d’éléments inexistants dans une maison modeste (accès, parkings, ascenseurs, escaliers, balcons, éclairages…).
Les données publiées par A. Bouteille [26] concernant les coûts de construction du mètre carré habitable observés en 2018 pour différents types d’immeuble permettent plus de précision. Ces coûts variaient entre 740 et 1020 € HT pour une maison de plain pied et entre 840 et 1190 € HT pour une maison avec un étage. En habitat collectif, ils variaient de 930 € HT à 3100 € HT, en fonction du nombre d’étages, de la configuration technique du terrain et des constructions voisines, de la présence de parkings souterrains et d’autres éléments comme les parties communes (entrées, couloirs, coursives). Cet auteur a montré notamment que dans certaines conditions, « l’investissement le plus économique, terrain plus construction, est la maison individuelle. ». Basé sur ces données, le Tableau 1 montre différents cas avec différents prix (25 à 200 € / m2) et superficies de terrain affecté à 100 m2 de surface habitable. Dans le cas d’une maison de plain-pied de 100 m2 de surface habitable, la superficie de terrain est au minimum égale à 100 m2 multipliée par le rapport de la surface du plancher à la surface habitable, qui est supposé ici être 1,2. Dans le cas de l’habitat collectif, la superficie de terrain affectée à 100 m2 habitables dépend évidemment du nombre d’étages, de la surface des parties communes, et éventuellement de la surface extérieure consacrée aux entrées, parking et jardin. Arbitrairement, les cas de 20, 60 et 120 m2 étaient considérés. Les coûts de construction du mètre carré habitable étaient de 1000 € pour la maison, de 1200 € pour un premier cas de collectif (collectif 1) et de 1500 € pour un second cas de collectif (collectif 2). Ce Tableau 1 montre notamment que le coût total d’une maison construite sur une surface de 500 m2 de terrain n’est pas compétitif avec celui des deux cas collectif 1 et collectif 2 quand le prix du terrain est de 200 € le m2, mais qu’il est compétitif avec celui du cas collectif 1 dès que le prix du terrain est égal ou inférieur à 100 € le m2. Quand le prix du terrain est égal ou inférieur à 50 € le m2, il est compétitif avec celui des deux cas collectif 1 et collectif 2. Quand le prix du terrain est égal ou inférieur à 25 € le m2, il est compétitif même si la surface de terrain est de 1000 m2.

Tableau 1


Des prix de terrain plus bas pourraient donc permettre la construction d’un plus grand nombre de maisons modestes avec jardin. Ceci est d’autant plus important à considérer que, si la demande augmente et si l’offre est inchangée, les prix des terrains – qui ont augmenté de 18 % dans la période 2011-2018 [24]– devraient encore augmenter.

Les prix élevés des terrains résultent largement d’une offre limitée par les réglementations d’urbanisme

Si l’extrême rareté des terrains dans les très grandes villes peut expliquer leur prix très élevé, peu de choses semblent justifier que, dans beaucoup d’autres endroits, un terrain agricole de 1000 m2 valant 1000 € vaille 100 000 € quand il devient constructible.
Fondamentalement, le prix des terrains constructibles n’est pas régi par une pure loi de l’offre et de la demande : l’offre est largement restreinte par les autorisations à construire et les plans locaux d’urbanisme (PLU). Ces derniers ont pour vocation l’organisation des activités dans l’espace en limitant i) les constructions dans les situations de risques naturels et industriels, ii) les coûts publics des infrastructures et services de fonctionnement, iii) les coûts en gaz à effet de serre dus aux transports entre habitat, lieux de travail et autres activités, iiii) la diminution des surfaces cultivées et forestières dont les productions sont essentielles et qui captent le gaz carbonique, iii) les perturbations de la biodiversité et iiii) le « mitage » du paysage. L’offre peut être bien sûr aussi limitée par les projets des propriétaires, notamment en fonction de leurs besoins de surfaces cultivables, qui sont modifiés surtout lors des successions. Mais nombre de propriétaires pourraient souhaiter vendre des terrains s’ils étaient constructibles, notamment pour obtenir un revenu permettant de maintenir l’exploitation agricole ou d’améliorer la retraite. De nombreuses parcelles comportent des parties qui sont moins fertiles ou dont la configuration complique les techniques culturales, et qui seraient susceptibles d’être construites.
Dans le passé, l’offre limitée en terrains loin des villes et à des prix trop élevés compte tenu de leur distance, a certainement contribué à construire en périphérie des villes sur des terrains de petite taille, à des prix très élevés au m2 et groupés en lotissements coûteux en conception et équipements (voirie, parking, trottoirs, éclairage). Avec un taux élevé d’occupation des sols et des mailles serrées de voiries imperméables et de clôtures, ces lotissements ont souvent constitué des zones à la fois continues, favorisant le ruissellement et les inondations, et fractionnées, perturbant la biodiversité. Ils contribuent à augmenter les surfaces imperméabilisées et celles dites artificialisées, telles que les centres commerciaux, les routes ou les aéroports, où s’exercent des activités humaines autres qu’agricoles et forestières. En dépit de leurs définition et mesure très imprécises [20], la limitation des surfaces artificialisées est devenue un objectif public majeur. Aussi, l’offre est maintenant plus fortement restreinte pour limiter l’accroissement de ces surfaces.

Comment faire baisser les prix des terrains ?

Des réglementations modifiées pourraient diminuer le prix des terrains en augmentant l’offre en terrains dispersés ayant des impacts limités sur les surfaces imperméabilisées, la biodiversité, les transports et les surfaces agricoles et forestières.
De façon à construire plus de maisons modestes avec jardin avec des coûts de terrains plus bas, il semble logique, a contrario des idées courantes, de changer de schéma d’aménagement :avec une offre augmentée et des terrains dispersés, nécessairement plus loin des villes, et avec des voiries réduites et équipements moins coûteux. Dans les cas de terrains à proximité des réseaux essentiels et accédant au bord de voies communales ou rurales, qui peuvent être des cas fréquents – la longueur des voies communales étant d’environ 700 000 km [27], soit en moyenne près de 20 km par commune, et celle des chemins ruraux étant d’environ 600 000 km [28]– les coûts d’équipements et de fonctionnement pourraient être peu élevés. Dans d’autres cas de terrains un peu éloignés ou enclavés, la création de voies d’accès simplifiées, non imperméabilisées, et l’extension des réseaux essentiels seraient nécessaires.
Pour limiter la consommation d’espace, tout en satisfaisant le souhait de la maison « isolée » qui est le type préféré de la maison individuelle [15], la localisation des terrains et maisons pourrait être basée sur des critères du type suivant, comme montré en Figure 2, sans considération de la surface des terrains:
– i) une distance minimale R1 entre chaque construction projetée et les bâtiments existants,
– ii) un nombre maximum de bâtiments N2 à une distance inférieure à une valeur R2 de la construction projetée donc dans un cercle de surface π R2 2, la densité de bâtiments D2 étant donc inférieure à N2 / π R2 2,
– iii) un nombre maximum de bâtiments N3 à une distance inférieure à une valeur R3 de la construction projetée donc dans un cercle de surface π R3 2, la densité de bâtiments D3 étant donc inférieure à N3 / π R3 2.

L’utilisation conjointe de ces trois critères permet de distancier facilement les constructions en dépit du fait que la densité de bâtiments n’est pas homogène. Des valeurs de R1, R2 et R3 pourraient être 20, 178 et 564 m, et des valeurs de N2 et N3 pourraient être 5 et 50. La valeur de D2 serait alors au maximum égale à 5 constructions par 10 ha, soit 50 constructions par km2, D3 aurait aussi cette valeur, qui correspond à une densité de 110 habitants par km2 sur la base d’un nombre d’habitants par construction égal à 2,2, la moyenne observée par logement sur le territoire [29}.
Immergés dans un environnent peu bâti, ces terrains pourraient être assez ou même très petits et sans nécessité de clôture importante d’isolement, à l’inverse de ce qui est souvent observé en lotissement.
L’impact de l’éloignement des terrains sur les gaz à effet de serre dus aux transports liés au travail pourrait être négligeable dans le cas de télétravail partiel à domicile car les trajets, vraisemblablement plus longs, seraient moins fréquents ; en outre, si le télétravail se généralise, la circulation serait plus fluide notamment dans les parties de trajets en ville ou dans les pôles urbains qui génèrent de grandes quantités de gaz à effet de serre. De plus, comme beaucoup d’emplois sont aujourd’hui localisés en périphérie des aires urbaines, une offre en terrains géographiquement élargie pourrait permettre une meilleure localisation de résidence pour raccourcir les trajets ou éviter la traversée des centres-villes ou pôles urbains. L’impact sur les transports liés aux autres activités aussi pourrait être négligeable : par exemple, les trajets vers la ville probablement allongés pourraient être compensés par la suppression des trajets du week-end d’évasion vers la campagne.
En considérant une hypothèse de base de 100 000 maisons de 100 m2construites sur des terrains de 1000 m2, leur emprise sur les surfaces cultivées et forestières, qui serait de 10 000 hectares (100 000 x 1000 m2), peut être relativisée. La surface agricole utilisable (SAU, 27,7 millions d’ha) a diminué de 112 000 ha par an en moyenne de 1990 à 2016 [2-10], tandis que la surface forestière (16,8 millions d’ha, les ilots boisés inférieurs à 0,5 ha n’étant pas comptabilisés) a augmenté de 90 000 ha par an en moyenne de 1985 à 2018 [11]. Cette augmentation s’est faite largement à partir des surfaces cultivées les moins fertiles, laissées en friche [19-30-31] par l’agriculteur qui doit sans cesse produire à moindres frais, avec moins d’engrais et de produits de traitements, et vendre à des prix moins avantageux. De là, l’emprise de ces terrains serait relativement petite par rapport aux variations moyennes annuelles de la SAU et de la surface forestière, et si ces terrains étaient issus de surfaces cultivées peu fertiles, leur emprise serait donc seulement aux dépens de l’augmentation potentielle de la surface forestière. Cependant, avec une couverture végétale en partie jardinée, ces terrains capteraient le gaz carbonique en quantité au moins comparable à celle d’une forêt se développant sur des terres peu fertiles sans techniques améliorantes puisque le captage du gaz carbonique par les plantes augmente avec leur croissance. Les surfaces imperméabilisées nouvelles seraient quasiment réduites aux toitures, et les modifications de la biodiversité ne seraient pas beaucoup plus grandes que celles arrivant dans les surfaces cultivées, de sorte que ces terrains ne pourraient être qualifiés de surfaces artificialisées.
Un autre point de vue à considérer est que la construction de maisons modestes sans structure de lotissement important peut être réalisée par de petites entreprises de bâtiment, sans programmes d’aménagement complexes, coûteux et compliqués pour les administrations de petites communes [15].
Une telle évolution nécessiterait de grandes modifications des réglementations, bien sûr sans négliger les précautions relatives aux risques graves, mais en acceptant un plus grand «mitage» du paysage, qui n’a pas atteint un point critique en beaucoup d’endroits d’où peu de bâtiments sont visibles à perte de vue.

La vente de terrains publics pourrait initier une augmentation de l’offre et une baisse du prix des terrains.

Beaucoup de terrains appartiennent à l’Etat, aux départements ou aux communes. Leur importance varie selon les communes [32]. Peu de statistiques nationales récentes sont disponibles : les biens communaux occupaient 9.4 % du territoire en 1970 [33], et ce taux n’a vraisemblablement pas beaucoup changé (N. Vivier, communication personnelle). Aussi, les instances publiques pourraient à travers un Office spécifique initier une augmentation de l’offre et une baisse des prix des terrains privés en vendant des terrains publics ayant des intérêts agricoles, forestiers et/ou écologiques un peu secondaires en regard des besoins de logement. Sans l’exclure, il paraît difficile d’imaginer qu’ils puissent être objets de location partielle avec droit de propriété du bâti séparé comme envisagé dans le projet de loi récent en accord avec le rapport Lagleize [34] : les systèmes de production agricoles où le sol, les arbres, le droit d’arrosage appartiennent à des personnes différentes montrent beaucoup de faiblesses. Il y a aussi dans le désir de la maison individuelle l’attache secrète, mais stimulante, à la terre. Leur prix pourrait être assez inférieur à celui pratiqué, comme c’est le cas par application de décote pour la construction de logements sociaux. Un prix très bas, comme observé dans quelques cas [35], semble ne pouvoir être qu’exceptionnel et serait sans doute sans effet pour initier une baisse des prix des terrains privés.
On peut imaginer un plan pluriannuel de vente dans les communes ayant à la fois par exemple, entre 500 et 5 000 habitants (14 589 communes [4]) et entre 50 et 250 habitants par km2 (11 948 communes [4]), soit 8 653 communes comptant ensemble environ 12.4 millions d’habitants. La vente de 4 terrains par tranche de 500 habitants par exemple, chacun destiné à une maison, correspondrait à 100 000 terrains (4 x 12,4 millions / 500). Chaque terrain étant en moyenne par exemple de 1000 m2, cela concernerait 10 000 hectares. Sur la base d’un prix égal par exemple à 70 % du prix moyen local des terrains vendus l’année précédente, le produit de ce plan serait d’environ 5 milliards d’euros en première année, le prix moyen actuel étant de 81 000 € [24]. Une partie de ce produit financerait les aménagements nécessaires. Pour que ces terrains ne soient pas l’objet de spéculation, leur vente devrait être faite par l’Office spécifique directement aux acheteurs finaux sous l’engagement de construire dans un délai bref et sous conditions adaptées mais pas trop contraignantes pour que leur prix puisse exercer une pression compétitive sur les prix des terrains privés.

Des mesures bénéfiques pour beaucoup.

Un tel plan, amplifié par l’offre augmentée de terrains privés, pourrait dynamiser petites villes et villages, mobiliser beaucoup d’entreprises du bâtiment pour y construire des maisons modestes avec jardin, y créer des emplois pour cela, dont beaucoup en extérieur qui semblent être présentement à favoriser, et la croissance utile directement à un besoin essentiel: le logement. Il devrait aussi, en diminuant la densité élevée dans les grandes villes, alléger ses effets négatifs sanitaire, social et environnemental, notamment ceux liés aux transports urbains, à la pollution ou aux besoins futurs vraisemblables de climatisation en ville, et y diminuer la pression sur les prix des logements. Enfin, il devrait favoriser plus de mixités entre mondes urbains, agricoles et ruraux.

Philippe Bussières
Février 2021


Sources :

[1] – Desriers M. 2007. L’agriculture française depuis cinquante ans : des petites exploitations aux droits à paiement unique. Ministère de l’Agriculture et de la Pêche, SCEES. https://www.insee.fr/fr/statistiques/fichier/1372289/agrifra07c.pdf

[2] – INSEE. 2019. Tableaux de l’économie française. Édition 2019. p. 15, 16, 161. https://www.insee.fr/fr/statistiques/fichier/3696937/TEF2019.pdf

[3] – Hérault B. 2016. La population paysanne : repères historiques. Ministère de l’Agriculture, de l’Agroalimentaire et de la Forêt. Centre d’études et de prospectives, n°11, juin 2016. https://agriculture.gouv.fr/sites/minagri/files/cep_document_de_travail_11_la_population_paysanne_reperes_historiques0609.pdf

[4] – Archambeau T. Liste des villes de France en SQL, CSV ou XML.

Liste des villes de France en SQL, CSV ou XML

[5] – Berroir S. 1996. L’espace des densités dans la ville : théories et modélisations. L’Espace géographique, 25-4, p. 353-368.

[6] – Mignot D., Aguilera A., Bloy D. 2004. Permanence des formes de la métropolisation et de l’étalement urbain. Rapport final, Contrat n°01 03 044. LET, INRETS-DEST, ADEME. p. 12, 109.

[7] – Laugier R. 2012. L’étalement urbain en France. Synthèse documentaire.

[8] – Floch JM., Levy D. 2011. Le nouveau zonage en aires urbaines de 2010. Poursuite de la périurbanisation et croissance des grandes aires urbaines. INSEE Première, N° 1375, Octobre 2011.

[9] – Cavailhès J. 2020. Logement et artificialisation des sols : le problème n’est pas le même pour tous les territoires. Politiquedulogement.com.

[10] – Chambres d’agriculture. 2015. Indicateurs clés de l’agriculture. Agriculture et Territoires. Décembre 2015.

[11] – IGN. 2019. Le mémento. Inventaire forestier.

[12] – INSEE. 2019. 36.6 millions de logements en France au 1e janvier 2019. INSEE Focus n°173.

[13] – Observatoire National de la Pauvreté et de l’Exclusion Sociale. 2018. Mal-Logement, Mal- Logés. Rapport 2017-2018.

[14] – Maréchal C. 2015. État des lieux, mécanismes et enjeux de la densification urbaine en France. L’approche novatrice de la densification verticale. Master sciences du territoire, Urbanisme et Projet Urbain. Institut d’Urbanisme de Grenoble.

[15] – Damon J. 2017. Les Français et l’habitat individuel : préférences révélées et déclarées. SociologieS.

[16] – Pirus C. 2011. Les conditions d’habitat des enfants : poids des structures familiales et de la taille des fratries. INSEE Référence. France, Portrait social – Edition 2011, 173-190.

[17] – Conseil Economique Social et Environnemental. Rapport de la Convention Citoyenne pour le Climat du 26 juin 2020, p. 264.

[18] – L’environnement en France. Rapport sur l’état de l’environnement. Commissariat général au développement durable.

[19] – IFSTTAR et INRA. 2017. Sols artificialisés et processus d’artificialisation des sols : déterminants, impacts et leviers d’action.

[20] – Cau V. 2009. Du carbone dans le ciment.

[21] – ADEME, Leonardon P., CSTB, Laurenceau S., Louerat M. Core E. 2019. Prospective de consommation de matériaux pour la construction des bâtiments neufs aux horizons 2035 et 2050, 113 pages. p. 39.

[22] – Direction générale de l’Aviation civile. 2019. Les émissions gazeuses liées au trafic aérien en France en 2018. Paris. p. 2.

[23] – ADEME. Base Carbone.

[24] – Commissariat Général au Développement Durable.

[25] – Union sociale pour l’habitat. 2019. Les HLM un modèle français, Les HLM en chiffres. 80eme Congrès. Paris, 24-26 Septembre 2019.

[26] – Bouteille A. 2019. Des coûts de construction très différents selon le type d’immeuble. Politiquedulogement.com.

[27] – Sarron C., Serre P. 2019. Chiffres clés du transport. Commissariat général au développement durable. Service de la donnée et des études statistiques (SDES).p. 7.

[28] – Lenormand A. 2011. Congrès Association des Maires de France. Les pistes d’une bonne gestion. Aménagement et Foncier.

[29] – INSEE. Taille des ménages. Données annuelles de 1968 à 2017.

[30] – Dufour J. 1994. Les terres délaissées dans la Sarthe : de la friche au boisement. Norois, n°164, Octobre-Décembre 1994.p. 627-642. doi : https://doi.org/10.3406/noroi.1994.6590

[31] – Cinotti B., Normandin D. 2002. Exploitants agricoles et propriété forestière : où est passée la “forêt paysanne” ? Revue Forestière Française LIV – 4, 311-328.

[32] – Joannon M., Tirone L. 1983. Structures foncières et croissance urbaine dans le département des Bouches-du-Rhône. Méditerranée. Troisième série, Tome 49, 3, p. 5-24. Doi : 10.3406/medit. 1983.2132

[33] – Vivier N. 2019. Les biens communs en agriculture, tragédie ou apologie ? Actes des Rencontres de droit rural, 11 avril 2019. Ed. Jean-Baptiste Millard et H. Bosse-Platière.

[34] – Lagleize JL. 2019. La maîtrise des coûts du foncier dans les opérations de construction. Rapport au Premier ministre. Assemblée Nationale.

[35] – Francetvinfo. 2015. Reportage « Terrain à 1 euro » du 30/4/2015, Journal Télévisé.

 

, ,

5 Commentaires à Plaidoyer pour des maisons modestes distanciées dans les campagnes

  1. Bruno GUERRA 10 mars 2021 at 17:19 #

    Bonjour Monsieur Bussières,
    et merci de cet article rafraichissant au milieu des dogmes répétés depuis 20 ans de loi SRU.
    J’ai tendance à résumer ce débat à « est-ce que l’espèce humaine est une pollution sur Terre ? » ou bien « combien d’habitant la Terre peut-elle supporter selon notre mode de vie ? », mais alors on ne conclut jamais.
    Plus concrètement, j’apprécie votre nuance entre étalement urbain et expansion urbaine, pour ne pas parler de ‘tache urbaine’. Je partage votre surprise quant à l’unanimité de la convention citoyenne contre la maison individuelle, mais la rencontre souvent localement notamment de la part de décideurs vivant eux-mêmes en maisons individuelles. Ce n’est qu’une partie de l’injustice intergénérationnelle actuelle.
    Une remarque sur la consommation énergétique des maisons individuelles comparée à celle des collectifs : cela fait maintenant 8 ans que la règlementation RT2012 est plus permissive pour les logements collectifs qui bénéficient d’une dérogation de +15%. Ainsi, malgré une géométrie favorable (rapport surface/volume) les collectifs neufs actuels consomment 15% de plus au m² habitable que les individuels; et cette dérogation est toujours prévue dans le projet de RE2020 à venir.
    Une remarque quant au rapport Surface de Plancher / Surface Habitable qui est généralement de 1,02 (épaisseurs des cloisons) : vous pensez sans doute à l’emprise au sol qui représente environ 1,15habitable pour un plain-pied de 100m².
    Une remarque sur les superficies forestières qui en France ne cessent de progresser depuis 150 ans, notamment par abandon de surfaces cultivées en zones difficiles d’accès.
    Les agriculteurs rencontrent de grandes difficultés, qui proviennent d’importations à bas coût et pas du manque de terrains agricoles : n’est que de constater les productions françaises mises en décharge (ou devant les préfectures), voire les champs cultivés non récoltés car le seul coût de la récolte dépasse le coût de vente, et sans parler des terrains agricoles non cultivés bien au-delà de la jachère nécessaire. Certains agriculteurs ont gagné plus d’argent en vendant quelques terrains devenus constructibles, qu’en tout une vie de travail agricole.
    Je pense comme vous que l’écart entre le prix de la terre agricole et celui d’un terrain constructible est devenu aberrant et devrait être réduit.
    Quant à l’impact sur la biodiversité, je pense qu’il vit beaucoup plus d’espèces différentes (végétales et animales) sur/dans le sol d’un jardin de maison que d’un champs céréalier traité.
    Votre proposition rejoint la règlementation des zones NB qui ont permis l’installation de nombreuses familles en périphérie immédiate des villes, jusqu’à leur interdiction complète il y a 4 ans (26 mars 20147), ce qui a généré une forte poussée des prix des rares terrains restés constructibles.
    je suis à votre disposition pour en discuter si vous le souhaitez, au 0777073497

  2. Philippe Bussières 11 mars 2021 at 17:36 #

    Bonjour Monsieur Guerra,

    Merci de votre riche commentaire, avec aussi des précisions que vous apportez sur les consommations énergétiques en fonction du rapport Surface de Plancher / Surface Habitable en fonction du type de bâtiment collectif ou individuel. Je vois que plusieurs de mes points de vue sont partagés…

  3. Quentin Soissons 15 mars 2021 at 11:25 #

    Bonjour,
    merci M. Bussières pour cette article intéressant qui renouvelle les perspectives et qui propose un juste milieu entre volonté gouvernementale, urgence climatique, aspiration des Français, et bienfait de la qualité de vie au quotidien grâce au jardin et au contact avec le vivant.
    On a envie d’en savoir plus, étant donné votre compétence d’agronome et votre passé à l’INRA, sur le volet biodiversité augmenté dans les jardins des maisons individuelles par rapport à un champ exploité de manière conventionnelle, de surcroît si on joue sur des couverts végétaux plus importants et plus variés et du renforcement des écotones. Je travaille à développer ce sujet via le label Ma Maison Vivante porté par l’Association Maisons de Qualité pour proposer un modèle désirable d’écologie positive de la maison individuelle et de son terrain.

  4. damien astier 27 mars 2021 at 15:23 #

    article stupéfiant et révélateur : si la valorisation du foncier (terres) par le marché constitue le probleme relevé par l’auteur, pourquoi donc perséverer dans ce mode de valorisation en jouant tant sur l’offre, tantot sur la demande ? Rappelons que le prix du foncier est fixé par celui de son usage par approche compte à rebours, il n’est pas un donné du bilan. Le foncier pourrait etre valorisé hors de la logique de marché, en décidant de ne plus en faire une stricte marchandise ouverte à toute les spéculations, comme nous l’avons fait avec l’éducation, la santé, les transports collectifs. Cela peut prendre la forme de municipalisation des sols avec droits réels consentis par emphyteose comme l’exemple historique des baux longs terme (paris, lyon, londres, pays-bas…), ou d’un simple encadrement du rendement foncier (les loyers par exemple), les deux pouvant se combiner.
    Notons aussi l’impasse faite par l’article sur l’impact carbone/pollution dans la comparaison collectif/individuel : certes moins de beton sur la construction de l’unité de logement, mais quid des m² de voiries primaires et secondaire, et des linéraires de reseaux et canalisation (en beton il me semble) que requiert la desserte d’habitat isolé? les modes constructifs et de d’assainissement, autonome par exemple, sont à considérer.

  5. SCHAEFER 14 juillet 2021 at 19:36 #

    Un plaidoyer vivifiant, même s’il ne faut pas idéaliser la maison avec jardin. Selon les régions, la forme de nature qu’il représente est très inégalement appropriée. De même, en ville, le nombre de balcons fleuris ou plantés est en réalité très restreint (moins d’un quart).
    Ce que l’article rappelle à juste titre c’est que le terme d’artificialisation (issu des enquêtes Teruti Lucas) appliqué par le Ministère de l’agriculture aux espaces non bâti d’une maison individuelle est un abus de langage, sauf à admettre que les abords de la maison sont entièrement imperméabilisés. En fait dans cette maison de 100m2 sur sa parcelle de 1000 m2 (un peu généreuse dira le lotisseur, on peut faire avec 500m2) moins de 10% est imperméabilisé. Et encore elle pourrait avoir des capteurs solaires donc être vertueuse sur le plan environnemental.
    Ce qui est important dans la maison, c’est qu’elle apporte une notion d’espace potentiel, même peu utilisé, que n’apporte pas les appartements, même les plus généreux. Comment gère-t-on les vélos dans une copropriété haut de gamme francilienne ? Combien de litiges en copropriété pour des questions d’appropriation indue de quelques m2 classés collectifs. Que pensez de cette mention lancinante du syndic rappelant « l’interdiction des barbecues et du linge sur les balcons » ? Rien de tout cela en individuel où une maison de 100m2 sur une parcelle de 350m2 offre nettement plus de souplesse d’usage que l’appartement qui s’arrête à sa porte d’entrée.
    Bien sûr dans le modèle évoqué avec talent et arguments dans l’article, il faut prévoir le rôle de taxi parental pour gérer le projet familial et d’une façon générale des mécanismes de socialisation et d’accès au service en territoire peu denses. De même dans les dépenses inutiles, la question du surdimensionnement des voiries secondaires en tissu banal comme en lotissement est illustré par la floraison actuelle de dispositifs de ralentisseurs et de rétrécissement.
    Sur les performances thermiques. B. Coloos a regretté dans sa note de lecture récente que le rapport Sichel se soit axé sur l’isolation thermique en maison individuelle. Or précisément s’il y a un domaine où on peut obtenir des maisons (presque) passives c’est bien dans l’individuel, en y mettant le prix. Il sera intéressant de voir combien de temps il faudra pour convaincre 30 propriétaires de maisons de les isoler par rapport au temps qu’il va vous falloir pour convaincre votre assemblée générale d’isoler votre immeuble de 30 appartements en copropriété.
    Sur le débat urbanistique il faut sans doute aborder de façon pragmatique et local, sans a priori ni ukase, la question de la production d’habitat dans le contexte local, en laissant effectivement à l’habitat individuel, sous une forme travaillée et raisonnablement dense, la place que les habitants souhaitent selon les contextes locaux. Dans le plus grand pays d’Europe, on doit pouvoir trouver des terrains pour construire.

Laisser un commentaire